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La nuit des écoles d’art – L’École d’art en débat sous la Coupole de l’Institut de France

Mercredi 24 septembre 2025 18h-21h à l'Académie des Beaux-Arts

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L’Académie des Beaux-arts ouvre les portes de l’Institut de France à l’ANdEA – Association nationale des écoles supérieures d’art et design – pour un événement rare : un après-midi d’échanges et de réflexion à huis clos entre académiciens et représentants des écoles, suivi d’une soirée publique sous la Coupole du Palais. À l’heure des bouleversements sociaux, économiques et culturels, cet événement permettra de porter un regard sur l’évolution des écoles supérieures d’art et design, d’en dresser un état des lieux et d’imaginer ensemble un avenir audacieux, solidaire et durable pour ces institutions pivot du secteur de la création.

Ce rendez-vous se veut à la fois un temps de mobilisation, un espace d’échange et un levier d’action pour repenser, collectivement, l’avenir du service public de l’art et du design. Il s’inscrit dans la perspective des Assises nationales de l’enseignement de l’art et du design, qui se tiendront à Marseille du 4 au 7 novembre 2025.

Institut de France
23 quai de Conti – 75006 Paris
Sur inscription

18h PLATEAU 1 – Les écoles d’art : une histoire entre héritage et réinvention

Depuis plus de trois siècles, une histoire commune des savoirs et des transmissions se tisse entre les écoles d’art et l’Académie partout en France. De la création des académies royales aux réformes majeures — Mai 68, rapport Imbert dans les années 1980, accords de Bologne dans les années 2000 —, elles ont traversé les grandes évolutions de la société et de l’enseignement supérieur. Cette table ronde mettra en lumière cette histoire souvent méconnue en explorant les fondements du réseau actuel.
Modération : Nicolas Herbeaux, journaliste à France Culture

19h PLATEAU 2 – Les écoles d’art : une formation en écho aux dynamiques culturelles, sociales et économiques

Cette table ronde propose une réflexion sur la place et les spécificités des écoles d’art et de design dans le paysage contemporain. Dans quel environnement évoluent aujourd’hui les artistes et les designers ? Au-delà de leur rôle de lieux d’apprentissage, les écoles supérieures d’art et de design sont des espaces d’expérimentation, d’émancipation et de recherche. Elles forment des créateurs capables d’imaginer et de transformer les usages, les formes et les récits du monde d’aujourd’hui et de demain.
Modération : Claire Moulène, journaliste à Libération

20h PLATEAU 3 – Les écoles d’art : quel avenir pour l’enseignement artistique supérieur public ?

Face aux disparitions récentes d’établissements, au sous-financement et à l’absence de stratégie nationale commune, le réseau des 44 écoles d’art publiques, majoritairement soutenu par les collectivités locales, peine à répondre à la demande croissante et à garantir l’équité entre étudiants et établissements. Statut des enseignants, financement de la recherche, inégalités des investissements de l’État : dans un paysage où l’enseignement supérieur privé s’impose, remettre ces sujets au centre du débat politique en réinvestissant le terrain législatif devient une urgence, et la défense du service public de l’art et du design un impératif.
Modération : Aurélie Romanacce, journaliste à News Tank Culture

 

 

Les écoles supérieures d’art et de design publiques : un réseau unique à défendre

 

Un patrimoine vivant au service de la création contemporaine

Réparties sur 59 campus en métropole et en Outre-mer, les 44 écoles supérieures d’art et de design publiques occupent une place centrale dans l’écosystème artistique et culturel, en France comme à l’international. Héritières d’une histoire plurielle — anciennes académies royales, écoles de fabrique ancrées dans les bassins industriels, institutions issues des avant-gardes du XXe siècle ou créées sous l’impulsion des politiques culturelles des années 1980 — ces écoles n’ont cessé de se transformer, au rythme des mutations de la société et des pratiques artistiques. Depuis le XVIIIe siècle, elles forment des artistes, designers et auteurs, qui façonnent les imaginaires et explorent les formes de demain. Lieux d’expérimentation et de recherche, elles jouent aussi un rôle social majeur en s’adressant à des publics divers et en ouvrant l’accès à la création.
Placées sous la tutelle pédagogique du ministère de la Culture, elles délivrent des diplômes nationaux conférant les grades de licence et de master, reconnus par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Elles constituent un pilier structurant du paysage européen de l’enseignement supérieur artistique.

 

Un modèle à consolider face aux défis actuels

Chaque année, ces établissements accueillent près de 12 000 étudiants, dont 45 % de boursiers. Intégrés à l’Espace européen de l’enseignement supérieur depuis 2010, ils ont adopté le schéma Licence–Master–Doctorat (LMD). Pourtant, le modèle est aujourd’hui fragilisé. La fermeture successive de trois écoles — Rueil-Malmaison en 2011, Perpignan en 2016 et Valenciennes en 2025 — a profondément marqué la communauté artistique. Sous-financement, inégalités de traitement, statuts et cadres réglementaires inadaptés : les alertes se multiplient. À l’heure où les missions de service public sont réinterrogées, il devient indispensable de repenser un modèle soutenable, capable de répondre aux enjeux du XXIe siècle tout en assurant la pérennité et l’ambition des écoles d’art et de design.

 

Former les créateur.rices de demain : un enjeu de société

Si aucun diplôme n’est officiellement requis pour exercer une activité artistique, la grande majorité des artistes, designers et auteurs sont issus des écoles supérieures d’art.
Dans une société où le poids de l’image et du numérique est considérable, les arts visuels et le design sont devenus des moteurs majeurs des industries culturelles et créatives. Aujourd’hui, ils représentent plus d’un tiers des emplois dans le secteur culturel avec une progression de 36% en quinze ans et les demandes d’inscription dans les écoles supérieures d’art sont en constante augmentation. Ce secteur ne se résume pas à une industrie au sens classique du terme : il repose sur un réseau dense et diversifié de structures souvent de taille modeste, innovantes et particulièrement dynamiques, portées par des créateurs indépendants, des écoles d’art, des centres d’art, des galeries, des ateliers et des collectifs. Ce maillage singulier constitue une force vive, essentielle à la vitalité artistique, économique et sociale du pays.

Face aux mutations rapides des métiers, aux transitions sociales et environnementales, et à la demande croissante d’accès à la formation artistique, plusieurs questions majeures s’imposent :
– Comment accompagner et former les artistes et designers de demain?
– Quels outils développer pour répondre aux nouvelles attentes sociétales et professionnelles?
– Comment garantir un accès équitable aux formations artistiques, dans un contexte de fortes inégalités d’accès à la culture?

Dans un monde marqué par les tensions géopolitiques, l’instabilité économique et la montée des inégalités, les valeurs d’ouverture, de créativité et de partage portées par les écoles d’art sont plus que jamais nécessaires. Or, ces valeurs sont fragilisées par les restrictions budgétaires et le manque de reconnaissance institutionnelle. Ces difficultés, qui ont conduit à la fermeture de trois écoles ces quinze dernières années, appellent à un débat à l’échelle nationale sur l’avenir du service public de la création :
– Quels financements pour assurer le fonctionnement des écoles supérieures d’art et de design?
– Quels statuts et modèles de gouvernance pour garantir leur autonomie et leur mission de service public?
– Quels statuts pour permettre aux auteurs et artistes professionnels d’exercer en école supérieure d’art et d’assurer un enseignement de la création par la création?

 

Un temps fort pour penser et agir ensemble

Le 24 septembre 2025, l’Académie des Beaux-arts convie la communauté des écoles d’art et de design et le grand public autour d’un moment de réflexion collective. Étudiants, enseignants, directeurs, artistes, élus et partenaires institutionnels sont invités à porter ensemble une ambition renouvelée pour ces établissements essentiels au dynamisme culturel, à l’innovation et au lien social.

 

 

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